Für mehr Toleranz und Respekt - projet en classe bilangue au collège Victor Hugo de Nanterre

, par webmestre

Un très grand merci à nos collègues d’avoir transmis leur compte rendu pour publication sur le site. Nous ne pouvons qu’encourager cette démarche ! Faites comme de nombreux collègues et mutualisez vos projets sur le site académique !

Für mehr Toleranz und Respekt
Un projet singulier en classe bilangue au collège Victor Hugo de Nanterre

Par Madame Brun, professeur d’allemand, et Madame Dejoufosse, professeur d’anglais.

Les pratiques artistiques en classe bilangue

Ce projet a été initié et mis en œuvre par Sandrine Eschenauer de l’Institut Goethe de Paris. Il complétera les modules de pratiques artistiques dans le cadre de l’apprentissage des langues en classe bilangue déjà en ligne sur le site de l’Institut Goethe :
- www.goethe.de/france/bilangues

Comme les trois projets déjà réalisés concernent le théâtre, le slam et la musique, le choix a été fait de relier celui du collège Victor Hugo de Nanterre à l’exploitation de supports filmiques dans le cadre d’un enseignement coordonné en allemand et en anglais.

Les supports artistiques

Dans la mesure où les élèves du collège Victor Hugo de Nanterre peuvent être confrontés à la violence ou avoir eux-mêmes des comportements violents, il a été convenu que le thème qui présiderait au choix des deux films serait celui de la tolérance. Les deux films finalement retenus ont été Billy Eliot du metteur en scène britannique Stephen Daldry et Vorstadtkrokodile qui a été tourné en 2009 par Christian Ditter d’après le roman de Max von der Grün.

Le premier raconte l’histoire d’un enfant de 11 ans qui, au grand dam de son père et de son frère, veut abandonner la boxe pour prendre des cours de danse classique et doit se battre pour faire accepter sa passion. Vorstadtkrokodile est le nom d’une bande d’enfants. Pour pouvoir en devenir membre, les candidats sont soumis à un rite initiatique strict destiné à tester leur témérité et Kai, un jeune paraplégique en fauteuil roulant aura beaucoup de difficulté à se faire accepter.

Les conditions de mise en œuvre du projet

Avec l’accord du Principal, le projet a été réalisé pendant une semaine qui a été banalisée pour la classe de cinquième concernée et a été adopté par le conseil d’administration du collège. Durant cette semaine (du 13 au 17 mai 2013), le groupe des 19 élèves a été encadré dans son travail par Madame Eschenauer assistée de deux stagiaires, les deux professeurs d’allemand et d’anglais de la classe, Mesdames Brun et Dejoufosse, ainsi que le professeur de technologie du collège, Monsieur Espagnac, qui a travaillé avec eux sur les techniques cinématographiques, accompagné par un intervenant extérieur, cadreur professionnel : Pierre Linguanotto, et le professeur de musique, Monsieur Mastier, pour la réalisation des clips musicaux.

Le projet

Durant la première journée, Madame Eschenauer a souhaité organiser des activités de pratique théâtrale en français, en allemand et en anglais pour faire la connaissance des élèves. L’objectif principal de ces activités, qui ont ponctuellement été mises en place tout au long de la semaine, était de mettre les élèves dans des situations leur permettant de travailler sur des postures empathiques, la tolérance n’étant possible que si l’on est en empathie avec l’autre.

Par ailleurs, le jeu de l’acteur fait partie intégrante de la pratique cinématographique. Jouer l’autre, jouer un rôle, permet le décentrage – c’est en prenant de la distance avec soi-même que l’on peut se mettre à la place de l’autre, le comprendre, l’accepter tel qu’il est – bref, être tolérant. Mais pour se décentrer, il faut prendre conscience de soi, se relier à sa propre définition identitaire.

C’est pourquoi certaines activités ont aussi mis en valeur les autres langues que l’anglais et l’allemand, voire le français, parlées au sein du groupe. Le projet s’est donc inscrit dans un contexte plurilingue, renforçant dès le début sa dimension émotionnelle pour favoriser l’adhésion des élèves via une meilleure compréhension (émotionnelle, expérimentielle) du sens du projet.

Ainsi, les professeurs ont appris que des élèves de la classe parlaient arabe, espagnol, roumain et des dialectes africains. Plusieurs productions finales ont d’ailleurs été réalisées dans d’autres langues que l’anglais et l’allemand….

Le lendemain, les élèves ont visionné les deux films en version originale sans sous-titres. Comme certains d’entre eux connaissaient déjà Billy Eliot, ils ont souhaité regarder d’abord le film en allemand. Après la projection, des groupes de travail ont été constitués qui ont concerné la compréhension de l’oral à partir d’extraits des films, des exercices de phonologie en anglais, mais aussi la retouche d’images avec le professeur de technologie.

Le mercredi, les élèves ont émis des propositions pour leurs réalisations personnelles.

La forme de travail adoptée pour les activités plus particulièrement destinées à la compréhension des films, au croisement des langues (allemand, anglais) via d’autres formes de langages (langage des images, de la musique de film etc.) a été le travail en îlots (Stationenlernen). Durant toute la durée du projet, les langues de communication ont été l’allemand et l’anglais. Tous les jours, en fin de matinée et en fin d’après-midi, les élèves ont eu la possibilité de s’exprimer pour faire part de leur ressenti, de leurs questionnements et de leurs désirs.

Les réalisations des élèves

Les réalisations ont mis en valeur le potentiel créatif des élèves. Toutes les idées sont venues d’eux.

Les garçons ont tout de suite voulu tourner un « vrai » film d’une heure et demie. Le film réalisé a finalement pris le format du court métrage de quelques minutes. Il relate le rejet d’un nouvel élève d’origine africaine. Il a été tourné dans le collège et comporte trois scènes : la présentation de l’élève à la classe, un incident qui se déroule dans la cour de l’école et le conseil de discipline. La langue de tournage du film est l’anglais. Le sous-titrage en allemand et en français a été amorcé par les élèves, mais il a été finalisé avec l’aide des professeurs. Pour le tournage du film, le rôle du metteur en scène a été pris en charge par un élève qui a dû maîtriser l’art de diriger ses acteurs. Les autres ont appris, en travaillant avec le cadreur professionnel, à tenir une caméra, à distinguer les différents plans…

Si un clivage assez net entre les garçons et les filles a pu être constaté au début du projet, celui-ci s’est finalement progressivement estompé quand les garçons ont souhaité demander de l’aide aux filles pour trouver une musique pour leur film.

Le groupe des filles a réalisé avec l’aide du professeur de musique deux clips musicaux à partir de deux textes de chansons qu’elles ont écrits et interprétés en anglais et en espagnol. L’une met en scène une fille garçon manqué qui ne se fait pas accepter et l’autre chanson en anglais et en allemand est la musique du film : les thèmes abordés sont la différence et la tolérance en général.

Les autres élèves ont conçu des affiches sur le thème de la tolérance. Certaines affiches ont été réalisées sous forme numérique à partir de photos prises dans le collège, d’autres ont été dessinées sur des feuille Canson de format A3. La réalisation de ces affiches a été préparée par une analyse des affiches de films et un travail sur les émotions. Une affiche contre le racisme a été faite en roumain.

Bilan du projet

Du point de vue des élèves, le projet a été un énorme succès. A tous, il a apporté beaucoup et en particulier aux élèves plus timides qui ont gagné en assurance. Quand le projet a été terminé, tous auraient pu dire ce qu’une élève a formulé par ces mots en allemand : « Ich bin traurig, dass es fertig ist. ». A l’issue du projet, les professeurs d’allemand et d’anglais ont constaté un renforcement sensible de la motivation des élèves pour l’apprentissage des deux langues.

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