Différencier pour impliquer et responsabiliser les élèves

, par Christiane Brun

En bref

Problématique : Comment associer à la réalisation de tâches similaires des élèves aux niveaux de compétence particulièrement hétérogènes en compréhension de l’oral et en expression orale ?

Mots-clés : apprentissage par les pairs, travail en groupes homogènes, tâches et aides différenciées, développer les compétences de tous les élèves en compréhension de l’oral et de l’écrit, renforcer la motivation de tous les élèves en les mettant en situation de réussite, évaluation diagnostique

Classe concernée par l’expérimentation : 4ème bilangue

Contexte des activités mises en œuvre : Parmi les quatorze élèves de la classe, trois sont germanophones, car ils ont un parent allemand. Ces trois élèves ont donc une bonne compréhension, mais vivant en France et pratiquant davantage le français, ils sont moins à l’aise en expression. Trois autres élèves ont de grandes difficultés dans les différentes activités langagières. Malgré des disparités selon les activités langagières, le reste du groupe est d’un bon, voire d’un très bon niveau.

Mise en oeuvre

En début d’année, j’ai commencé par effectuer au sein du groupe un petit sondage à l’écrit afin d’établir un diagnostic et de m’assurer de leur adhésion au projet. Je les ai entre autres questionnés sur les principales difficultés rencontrées, sur les activités langagières qui leur posent le plus de problèmes, sur la manière de rendre leurs méthodes de travail plus efficientes et sur les aides supplémentaires susceptibles de les faire progresser ?

Après le dépouillement des questionnaires, j’ai proposé au groupe une discussion autour des résultats qui confirmaient largement mon analyse de départ.
Les principales difficultés pour les francophones résident dans les activités de compréhension (de l’oral et de l’écrit). Beaucoup d’élèves craignent ces activités. Le document sonore présente pour eux des difficultés qui sont notamment liées au débit de la parole et à l’incompréhension d’un certain nombre d’items lexicaux. Le document écrit les effraie pour d’autres raisons : longueur, entraves lexicales, difficultés à identifier les relations syntaxiques….

Curieusement, d’après l’enquête, les activités d’expression posent moins de problèmes aux élèves. Ils sont conscients de faire des erreurs, mais cela ne les empêche pas de faire une production même modeste, tant à l’écrit qu’à l’oral. Lors de nos échanges, nous avons également évoqué les formes sociales de travail : la majorité plébiscite le travail de groupe. En effet, les plus faibles sont rassurés, les plus forts disent qu’ils progressent en reformulant et en aidant les plus faibles. Cependant, deux élèves ne se sentent pas à l’aise dans le travail de groupe et préfèrent largement travailler seuls.

S’agissant d’élèves ayant suivi un cursus bi-langue depuis la classe de 6e, j’ai envisagé d’apporter des aides complémentaires en anglais, notamment pour le lexique.

Quant aux évaluations, l’ensemble du groupe ne souhaite pas de différenciation dans les sujets proposés.

L’expérimentation pouvait commencer...

Vous trouverez dans l’article intégral, téléchargeable en format pdf, deux exemples de mise en oeuvre avec les documents annexes.

Bilan intermédiaire

Du point de vue des élèves, cette expérimentation a eu un effet positif. L’enquête de fin d’année a montré que les élèves ne se sont pas ennuyés en classe tout au long des séances. Plusieurs demandent davantage d’aide en anglais, le français ne leur étant plus indispensable. Certains élèves sont conscients de ne travailler assez à la maison. Cependant, l’approche différenciée a été un outil précieux pour eux. Certains ont pu combler leurs lacunes, d’autres ont pris confiance.
Quant aux formes sociales de travail, certains élèves (notamment les plus forts) remettent en question le travail de groupe : ils ne voient pas les bénéfices de la reformulation ; ils pensent perdre leur temps. Les plus faibles en revanche ont plébiscité le travail de groupe. En effet, certains ont réellement progressé. Probablement faudra-t-il trouver un juste milieu.

De mon point de vue, j’ai noté de réels progrès en compréhension de l’oral et en compréhension de l’écrit. Il y a manifestement moins de stress devant un document sonore ou un texte. La restitution à l’oral a également été renforcée : les élèves en difficulté prennent plus aisément la parole même si des mots anglais se glissent parfois encore dans leur expression orale.

Je constate par ailleurs que tous les élèves sont au travail, mêmes les plus faibles, notamment en classe, ce qui finalement est le plus important à mes yeux même si le travail à la maison ne doit pas être négligé. Je note également une confiance accrue lors des évaluations.

Informations sur l’auteur

- Christiane BRUN
- Collège Les Bons Raisins RUEIL MALMAISON

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